Conflits Agriculteurs-Éleveurs : Fatalité Climatique ou Faute Humaine ?
"Mesdames et Messieurs, le Nord de nos pays brûle, mais pas seulement sous le soleil. Il brûle de tensions. Les champs de mil deviennent des champs de bataille, et les pâturages de la discorde. On accuse le sort, on accuse 'l’autre', mais regardons la vérité scientifique en face : ce conflit est le miroir de notre gestion suicidaire de la nature."
"D’un côté, on plaide l’innocence : 'C’est la faute au climat !'. Scientifiquement, c’est vrai. Le dérèglement climatique réduit les précipitations, assèche les mares et pousse le bétail vers le Sud. Les éleveurs ne sont pas des envahisseurs, ce sont des réfugiés climatiques en quête de survie. Les agriculteurs ne sont pas des égoïstes, ils protègent une terre qui s’appauvrit chaque jour. La nature reprend ce qu’elle donnait, et l’homme se bat pour les restes."
"Mais ne nous cachons pas derrière la volonté divine. Qui abat les arbres pour le charbon, brisant ainsi le cycle de la pluie ? Qui sature nos sols de sachets plastiques qui étouffent la terre et tuent le bétail par ingestion ? Ce plastique 'anarchique' bloque l'infiltration des eaux et transforme nos plaines fertiles en dalles stériles. Ici, la faute est à nous, citoyens. Nos habitudes de consommation transforment un stress climatique en une agonie écologique. Nous avons rompu l'équilibre entre la faune, la flore et l'homme."
"Enfin, regardons les acteurs. Le conflit naît là où le dialogue meurt. La faute est au manque de planification. Les couloirs de passage du bétail sont occupés par des champs, les points d'eau sont privatisés. L'usage abusif de produits chimiques par les agriculteurs empoisonne les nappes, tandis que le surpâturage finit d'achever les sols. Ce n'est plus une cohabitation, c'est une compétition pour une ressource qui meurt. La cohésion sociale s'effondre parce que nous traitons les symptômes (la violence) au lieu de traiter la maladie (la dégradation de notre écosystème)."
"Alors, à qui la faute ? Elle est partagée. Le changement climatique est le déclencheur, mais notre incivisme environnemental est le carburant. Si nous ne remplaçons pas le plastique par l'arbre, et la confrontation par une gestion partagée de l'eau, nous condamnons nos territoires au chaos. La science nous prévient : la terre ne suffit plus pour nos égoïsmes, elle ne suffira que pour nos solidarités."
HOUNSA Ismaïlou Ola-Anabi auditeur en Master 1 droit public option administration locale et développement durable à l'université de Parakou Bénin 🇧🇯
Well said, greed and corruption.